Fanny Ardant é uma das figuras mais marcantes do cinema francês contemporâneo. Nascida em Saumur, França, em 1949, destacou-se pela sua presença elegante, voz inconfundível e capacidade de interpretar personagens complexas e intensas. Ao longo de várias décadas de carreira, construiu uma filmografia rica e diversificada, tornando-se uma referência do cinema francês, europeu e mundial.
Fanny Ardant em Cascais
A sua projeção internacional começou nos anos 1980, sobretudo através da colaboração com o realizador François Truffaut, com quem trabalhou em filmes de grande relevância artística, como foi o caso do extraordinário La femme d’à côté. A partir daí, Ardant consolidou-se como uma actriz capaz de alternar entre o drama, a comédia e o romance, sempre com uma notável profundidade interpretativa. O talento que revelou em todos esses géneros valeu-lhe numerosas distinções e nomeações em festivais e prémios de cinema.
Além da carreira como actriz no cinema e no teatro, Fanny Ardant desenvolveu também um percurso como realizadora. A sua obra atrás das câmaras revela uma sensibilidade particular para temas relacionados com a memória, a paixão, a liberdade individual e a condição feminina, caracterizando-se os seus filmes por uma abordagem intimista e poética que privilegia personagens fortes e emocionalmente densas.
Ao longo dos anos, trabalhou com alguns dos mais importantes cineastas europeus e internacionais, de Alain Resnais a Youssef Nabil passando pelo referido François Truffaut e Sidney Pollack, mantendo uma carreira ininterrupta e respeitada. A sua imagem é sinónimo de sofisticação, inteligência e independência artística. Fanny Ardant representa, assim, uma rara combinação de talento interpretativo e visão criativa, ocupando um lugar de destaque na história do cinema francês e mundial.
Homenagem a 17 setembro
A sua contribuição para a cultura cinematográfica continua a inspirar novas gerações de actores, realizadores e espectadores, confirmando-a como uma das grandes personalidades artísticas da arte e cultura contemporâneas, razão pela qual o Conselho Directivo da Fundação D. Luís I entendeu homenageá-la.
Programação do Ciclo de Cinema Fanny Ardant
Auditório Maria de Jesus Barroso | Casa das Histórias Paula Rego
A Mulher do Lado/ La Femme d’á Côté
(1981) Dir. François Truffaut
Auditório Maria de Jesus Barroso | Casa das Histórias Paula Rego
Cinzas e Sangue/ Cendre et sang
(2008). Dir. Fanny Ardant
Auditório Maria de Jesus Barroso | Casa das Histórias Paula Rego
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Cadências Obstinadas/ Cadence Obstinées
(2014). Dir. Fanny Ardant
Auditório Maria de Jesus Barroso | Casa das Histórias Paula Rego
O Divã de Estaline/ Le Divan de Staline
(2016). Dir. Fanny Ardant
Discurso de Salvato Teles de Meneses na cerimónia
Boa tarde.
Antes do mais, quero agradecer a presença de todos, que muito nos regozija, em especial, se me permitem que o saliente, a de Conselheiros da Fundação D. Luís I e do Sr. Vice-Presidente e Vereador de Cultura da CMC, Eng. Luís Almeida Capão.
Há alguns anos, o Conselho Directivo da FDLI decidiu que se deveria, aperiodicamente, i. e., quando a conveniência e a ocasião o justificassem, homenagear uma grande figura do cinema europeu. Este ano, a conveniência, a comemoração dos 30 anos da Fundação, e a ocasião, après-la-lettre, é certo, a rodagem de um filme nos Acores, levaram o Conselho a convidar a actriz e realizadora francesa Fanny Ardant a estar aqui connosco para receber essa homenagem. O filme chama-se Elle regardait sans rien voir (Ela olhava sem nada ver) e foi, como é óbvio, realizado por Fanny Ardant, com um elenco de actores em que figuram vários portugueses, a começar por Ana Padrão, e com produção da neta de Carlos Pinhão, um velho amigo muito generoso e tolerante, referindo-me deste modo, como é bom de ver, à produtora Ana Pinhão, a quem agradeço toda a intervenção neste processo e, last but not least, a possibilidade de vermos, como conclusão especial da homenagem, quinze minutos desse filme em estreia mundial absoluta. Muito agradeço às duas, nos seus diferentes graus e qualidades.
Assim, Madame Fanny Ardant sucede a Dame Vanessa Redgrave, e, para que possa entender o elogio que escrevi, vou lê-lo em francês, esperando que aquilo que aprendi nos meus já longínquos cinco anos da língua de Corneille e Racine, de Cendrars e Sartre, e, bien sûr, do meu amigo Olivier Rolin, autores que muito aprecio, não arranhe os ouvidos dela, nem os vossos.
Fanny Ardant : la liberté comme manière d’être
Il est des artistes que nous admirons pour ce qu’ils ont accompli. Et il en est d’autres que nous admirons aussi pour la manière dont ils ont choisi d’être au monde. Fanny Ardant appartient, incontestablement, à cette seconde famille, plus rare.
Actrice, réalisatrice, femme de culture, animée d’une curiosité que le temps semble rendre toujours plus vive, elle a construit une œuvre et une présence marquées par une qualité qui résume peut-être toutes les autres: la liberté.
Comme actrice, Fanny Ardant possède ce don, aussi difficile à expliquer qu’il est immédiatement perceptible, de faire coexister l’intelligence et l’émotion, la distance et l’abandon, la gravité et l’ironie. Il y a chez elle une élégance qui ne se confond jamais avec l’affectation, une intensité qui se passe de tout excès et, surtout, une extraordinaire capacité à suggérer ce qu’un personnage ne dit pas. Le regard, la voix, le silence, le mouvement presque imperceptible peuvent devenir matière dramatique. Peu d’acteurs possèdent cette capacité de faire du silence une parole.
La rencontre avec François Truffaut dans La Femme d’à côté demeure, naturellement, l’un des grands moments de ce parcours, et du cinéma européen et mondiale. Mais réduire Fanny Ardant au souvenir, aussi glorieux soit-il, du grand cinéma français serait ne pas comprendre l’essentiel. Sa carrière est précisément le contraire d’une installation confortable dans le prestige acquis. Théâtre et cinéma, grands auteurs et expériences audacieuses, personnages lumineux ou inquiétants, drame et comédie: à chaque étape, nous retrouvons le même refus de la facilité et le même désir de continuer à chercher.
Et cette inquiétude a rendu presque inévitable son passage derrière la caméra. Comme réalisatrice, Fanny Ardant a confirmé que l’actrice contenait déjà une auteure. Cendres et sang, Cadences obstinées, Le Divan de Staline révèlent un regard singulier, moins soucieux de rassurer le spectateur que de le confronter aux zones ambiguës de l’expérience humaine: la passion, la mémoire, la famille, le pouvoir, la violence, la fidélité, la perte. Son cinéma ne cherche pas à ordonner le monde selon une morale préétablie. Il préfère observer les êtres humains en ce lieu, souvent inconfortable, où les certitudes cessent de fonctionner.
C’est peut-être précisément là que l’artiste et la femme se rejoignent le plus clairement. Car Fanny Ardant conserve sur le monde un regard admirablement libre de toute poussière, de tout conformisme. Elle ne semble guère intéressée par les idées que l’on adopte parce qu’il est convenu de les adopter, par les opinions qui garantissent une approbation immédiate, ni par les consensus qui nous épargnent l’inconfort de penser. Elle préfère la contradiction à l’obéissance, la curiosité au préjugé, l’expérience à la norme. Et cette indépendance n’a jamais rien d’une posture. Elle est plutôt une discipline de l’intelligence et une éthique de la liberté.
À une époque où l’on voudrait si souvent que chacun pense conformément à la place qui lui a été préalablement assignée, cette indépendance est précieuse. Fanny Ardant nous rappelle qu’une femme libre n’est pas celle qui remplace une obéissance par une autre: c’est celle qui préserve intact le droit de penser par elle-même.
Il y a aussi chez elle quelque chose de profondément européen, au meilleur sens du terme, aujourd’hui presque oublié: le goût de la culture sans révérence académique, l’amour de la littérature et du cinéma sans transformer les œuvres en monuments intouchables, la conscience de l’Histoire et de la Géographie accompagnée du désir de continuer à l’interroger. Elle appartient à une tradition pour laquelle penser ne signifie pas répéter ce que nous savons déjà, mais maintenir ouverte la possibilité de l’inattendu.
C’est peut-être pour cela que le temps lui va si bien.
Fanny Ardant n’a jamais cherché à faire comme si le temps ne passait pas. Elle a fait quelque chose d’infiniment plus intéressant: elle l’a traversé. Et le traverser signifie accepter ce qu’il transforme sans lui permettre de transformer la curiosité en conformisme, l’expérience en prudence excessive ou la maturité en résignation.
Il y a donc chez elle une jeunesse qui n’a rien à voir avec l’âge. C’est la jeunesse de celle qui peut encore s’étonner, se passionner pour une idée, risquer un choix, changer de chemin et dire non lorsqu’il serait tellement plus confortable de dire oui.
C’est aussi pourquoi cet hommage ne prétend pas seulement célébrer une carrière. Les carrières se racontent: on énumère les films, les rôles, les metteurs en scène et les réalisateurs, les scènes, les récompenses, les rencontres. Mais une vie d’artiste ne se mesure pas seulement à ce qui peut être énuméré.
Il y a quelque chose qui échappe aux listes.
Et c’est peut-être précisément cette part-là que nous voulons célébrer ici: une présence; une voix; une intelligence; une manière de regarder. C’est-à-dire, le courage de demeurer singulière dans un monde qui nous invite si souvent à nous ressembler les uns aux autres.
Chère Madame Ardant,
vous accueillir à Cascais est pour nous un honneur, mais permettez-moi de vous dire que c’est avant tout une joie.
Pendant tant d’années, nous avons vu votre visage au cinéma, entendu cette voix incomparable, accompagné des femmes qui ont aimé, souffert, défié, qui sont parties, revenues, qui ont gagné ou perdu. Et peut-être avons-nous appris avec vous quelque chose de très simple: qu’un personnage véritablement humain ne tient jamais tout entier dans ce que nous pouvons dire de lui.
Peut-être en va-t-il de même des personnes.
C’est pourquoi nous ne voulons pas aujourd’hui vous enfermer dans un banal hommage. Les hommages, si nous n’y prenons garde, peuvent transformer les êtres vivants en statues – et rien ne nous semblerait plus contraire à ce que vous représentez.
Nous voulons faire exactement l’inverse.
Nous voulons vous remercier de continuer à être inquiète, à être curieuse, à choisir, à filmer, à jouer, à penser et, surtout, à nous surprendre.
Merci pour l’intelligence sans arrogance, pour l’élégance sans artifice, pour la passion sans sentimentalisme. Merci pour le courage de ne pas toujours chercher à plaire. Merci même pour les belles contradictions, car seuls ceux qui sont véritablement vivants s’autorisent à se contredire.
Et merci pour quelque chose de peut-être plus rare encore: avoir conservé, après tout ce que vous avez vu et vécu, la liberté de regarder le monde comme s’il n’avait pas encore été définitivement expliqué.
C’est cette liberté que nous voulons célébrer.
Et c’est pour tout cela que nous vous disons, avec admiration, avec gratitude et, permettez-nous de le dire, avec beaucoup d’affection:
Merci, Fanny, d’être ici. Et surtout, merci d’être libre.
AMIGO DA
FUNDAÇÃO




